La Pacification Du Divorce Dissertation

la découverte des procédures familiales à l'occasion d'un divorce ou d'une séparation, est une expérience éprouvante. Le site Jafland a été créé pour apporter des informations sur le fonctionnement de ce qu'il est convenu d'appeler "les affaires familiales", mais depuis plusieurs années le triste constat reste le même: les procédures en matière familiale attisent les conflits familiaux, au lieu de tenter d'apaiser les séparations parentales. Il est très fréquent de constater que les parents séparés ou en cours de divorce, encore meurtris par leurs affects et les griefs respectifs liés à la séparation, continuent de se faire la guerre par avocats et justice interposée. Et au lieu d'aider ces parents à résoudre leurs conflits, l'intervention de la justice familiale va très souvent amplifier le conflit familial, désignant de façon bien illusoire un "vainqueur" (celui qui obtiendra une prestation compensatoire et la résidence des enfants), et un "vaincu" (celui qui sera condamné à ne voir ses enfants que quatre jours par mois, un week-end sur deux, et dont le rôle parental se résumera à payer une prestation compensatoire et une pension alimentaire dont l'évaluation défie parfois la logique humaine: c'est ainsi qu'une personne ayant pour seule source de revenus le RSA soit 467€ par mois, s'est vue condamner par une Cour d'appel à verser une pension alimentaire de 300€ par mois pour un enfant: l'histoire ne dit pas si la corde pour se pendre fut fournie). 

Cette opposition entre parents que créé le fonctionnement des affaires familiales, avec son cortège d'expertises et enquêtes sociales diffamantes dont de nombreux parents peuvent témoigner à quel point elles sont menées avec une méthodologie rigoureuse empruntée à l'astrologie et à la divination, ces procédures qui durent des années, sont au final très préjudiciables aux enfants qui voient leurs parents s'entre déchirer et se trainer mutuellement dans la boue. 

Dans ce contexte, sans banaliser le divorce afin de ne pas fragiliser l'engagement l'un à l'égard de l'autre des époux qui se marient, on ne peut cependant pas nier le constat que de nombreux couples finissent par divorcer dans des procédures éprouvantes et préjudiciables à tous: parents et enfants. C'est pourquoi toute réforme des procédures visant à atténuer les tensions entre les parents, à pacifier les divorces et séparations, parait favorable et surtout bénéfique pour les enfants. Il est donc utile de rappeler l'existence du projet du ministre de la Justice, enregistré au Sénat le 3 mars 2010, qui vise à pacifier les procédures de divorce : ce projet prévoit notamment un recours presque systématique à la médiation familiale, des mesures de simplification de la procédure, et aussi de fixer un tarif maximum pour les honoraires d'avocats en cas de divorce par consentement mutuel. Dans la mesure où ce projet devait donner lieu à une mise en œuvre à titre expérimental, il serait souhaitable que, comme cela était prévu, un compte rendu de cette expérimentation soit fait afin d'étendre ce dispositif.

Rappelons ces mots du doyen Carbonnier au sujet de la notion d'intérêt de l'enfant (ICI) : "Il est des philosophes pour opiner que l'intérêt n'est pas objectivement saisissable et il faudrait que le juge décide de l'intérêt d'autrui! L'enfance est noble, plastique, et n'a du reste de signification que comme préparation à l'âge adulte : ". On peut donc penser que les parents et surtout les enfants seraient gagnants de voir les procédures familiales se pacifier en étant sorties du contexte judiciaire, pour être confiées à des professionnels formés à la résolution des conflits, comme le sont les médiateurs familiaux. Les accords trouvés en médiation pourraient même être constatés par acte d'avocat, et parallèlement les juges aux affaires familiales pourraient gérer d'autres contentieux plus techniques, ce qui pourrait permettre de pallier une partie du manque de moyens et de personnels du ministère de la Justice. Une piste à suivre ?



Ce projet de loi relatif relatif à "la répartition des contentieux et à l'allègement de certaines procédures juridictionnelles" (ICI) découle des recommandations du rapport déposé le 30 juin 2008, par M. Guinchard. La commission présidée par le recteur GUINCHARD, composée d'universitaires, de représentants des professionnels du droit, de la justice et des syndicats, a procédé à de très nombreuses auditions lui permettant de recueillir l'avis de l'ensemble des acteurs de la vie judiciaire sur les évolutions souhaitables de l'organisation et du périmètre de l'intervention judiciaire.

Le rapport formule soixante-cinq grandes préconisations. En matière civile, le projet de loi qui découle de ce rapport, vise à rationaliser la procédure devant le juge aux affaires familiales par deux modifications apportées au code civil, faisant suite aux propositions formulées par le rapport de la commission sur la répartition des contentieux:

- D'une part, la procédure de divorce par consentement mutuel sera allégée pour les couples qui n'ont pas d'enfant mineur en commun, en les dispensant de comparaître personnellement et systématiquement devant le juge aux affaires familiales. Un décret d'application viendra préciser les pièces nécessaires permettant au juge, dans le cas où les parties ne comparaissent pas, de vérifier que la volonté de chacun des époux est réelle et que leur consentement est libre et éclairé.

- D'autre part, la commission GUINCHARD, Elle a également envisagé , en rappelant qu'une telle fixation, par les pouvoirs publics, n'était pas contraire à la jurisprudence de la Cour de justice des Communautés européennes. La présente loi s'inspire de ces propositions en prévoyant que l'avocat ne pourra demander un honoraire supérieur à un certain montant, à moins d'avoir conclu une convention d'honoraires avec son client préalablement au début de la mission. Ce montant, le cas échéant modulé en fonction de critères liés à la nature de l'affaire, sera arrêté par le garde des sceaux après avis du Conseil national des barreaux.enfant dans le cadre du divorce ou de la séparation des parents,

- Enfin, lorsque le juge a déjà statué sur les modalités d'exercice de l'autorité parentale ou la contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans le cadre du divorce ou de la séparation des parents, la saisine du juge aux fins de modification de ces mesures devra, à peine d'irrecevabilité, . Dans ce dernier cas, les parents pourront saisir directement le juge aux affaires familiales aux fins de faire homologuer leur accord.

aux situations réellement conflictuelles.

Ce projet prévoit une mise en oeuvre à titre expérimental, dans un certain nombre de tribunaux de grande instance désignés par un arrêté du garde du sceaux. Le Gouvernement rendra compte de cette expérimentation pour permettre au Parlement d'envisager le développement du dispositif.

13ème législature Question N° : 77838     de Mme Joëlle Ceccaldi-Raynaud ( Union pour un Mouvement Populaire - Hauts-de-Seine )     Question écrite
Ministère interrogé > Justice     Ministère attributaire > Justice
Rubrique > famille     Tête d'analyse > divorce     Analyse > consentement mutuel. procédure. perspectives
Question publiée au JO le : 04/05/2010 page : 4897 Réponse publiée au JO le : 20/07/2010 page : 8162



Mme Joëlle Ceccaldi-Raynaud interroge M. le secrétaire d'État à la justice sur le projet de simplification de la procédure du divorce par consentement mutuel. Ce projet supprimerait en effet le passage final devant le juge au moment de l'homologation de la convention et de la notification officielle du divorce aux époux, celui ci n'étant alors notifié que par lettre. Face aux critiques qualifiant ce divorce de « divorce express », elle l'interroge sur les modalités complètes de la nouvelle procédure ainsi que sur les avantages qu'elle présente à tous les niveaux et pour tous les acteurs de la procédure.




Le projet de loi relatif à la répartition des contentieux et à l'allégement de certaines procédures juridictionnelles prévoit de simplifier la procédure de divorce par consentement mutuel en dispensant les couples n'ayant pas d'enfant mineur commun de comparaître systématiquement devant le juge aux affaires familiales. Inspirée de l'une des recommandations de la commission sur la répartition des contentieux présidée par le recteur Guinchard, cette proposition vise à éviter la tenue systématique d'une audience dans les affaires les plus simples, l'utilité d'une telle comparution n'étant pas avérée dans ces cas. En pratique, la demande en divorce sera présentée par les avocats respectifs des parties, ou par l'avocat choisi d'un commun accord, par requête unique adressée au juge aux affaires familiales, accompagnée d'une convention réglant les conséquences du divorce. Le juge examinera la requête et les pièces fournies afin de s'assurer que l'intérêt des époux est préservé et que ceux-ci ont donné librement leur consentement. Si le juge constate que ces conditions de fond sont remplies, il rendra un jugement homologuant la convention et prononçant le divorce, qui sera notifié aux parties par le greffe. Un décret d'application viendra préciser la liste des pièces qui devront être jointes à la requête afin de permettre au juge de procéder aux vérifications nécessaires, notamment les documents relatifs aux ressources, charges, patrimoine et conditions de vie respectives des époux. Cette procédure présente de nombreux avantages tant pour les justiciables, qui n'auront plus à se déplacer au tribunal et disposeront, à moindre frais, d'une décision judiciaire dans des délais réduits, que pour les juridictions, qui verront le nombre d'audience diminuer alors même que le juge conserve son rôle de vérification de l'intégrité des consentements et de l'équilibre de la convention. Par ailleurs, le dispositif prévu par le projet de loi présente les garanties propres à éviter que ce divorce soit assimilé à une procédure expresse puisqu'il rétablit la comparution des époux dès lors que l'un d'eux en fait la demande ou que le juge l'estime nécessaire. La dispense de comparution ne concernera donc que les divorces par consentement mutuel de couples sans enfant mineur commun, en l'absence d'opposition des parties et du juge.

Le projet de loi visant à adapter la justice au XXIe siècle – dite réforme « J21 » – sera examiné à partir du mardi 4 mai à l’assemblée en commission. Mais ce texte, qui avait déjà été adopté au Sénat en novembre 2015, arrive sur le bureau des députés avec une nouveauté de taille, qui risque de provoquer de fortes polémiques : le gouvernement y a introduit par voie d’amendement une mesure visant à instaurer une procédure de divorce par consentement mutuel des époux sans passage devant le juge des affaires familiales.

Accord déposé chez le notaire

Dans ce texte, préparé par Christiane Taubira et désormais porté par son successeur, Jean-Jacques Urvoas, l’article 17 bis dispose ainsi : « Lorsque les époux s’entendent sur la rupture du mariage et ses effets, ils peuvent, assisté chacun par un avocat, constater leur accord dans une convention prenant la forme d’un acte sous signature privée contresigné par leurs avocats… » Cet accord est déposé chez un notaire qui constate le divorce et donne ses effets à la convention en lui conférant une date certaine et force exécutoire.

Le gouvernement inscrit cette réforme dans une évolution vers une « simplification » de la procédure judiciaire et une recherche de « pacification » des relations entre les époux. Les « critiques récurrentes » qui portent sur « la complexité de ces procédures, leur durée ainsi que leu coût, ont amené à s’interroger sur la nécessité d’un recours systématique au juge en matière de divorce lorsque les conjoints s’accordent sur les modalités de leur rupture », explique ainsi l’exposé des motifs de l’amendement.

Nouvelle catégorie de divorce

Cette nouvelle catégorie de divorce sans juge a vocation à « se substituer à la majorité des cas de divorce par consentement mutuel », dont la procédure avait déjà été simplifiée par une loi de 2004. Si le texte est adopté, les époux pourront donc établir leur divorce par un acte sous signature privée, contresignée par un avocat, une forme d’acte juridique introduite dans la loi de 2011 de modernisation des professions judiciaires. Le coût de ce divorce serait ainsi maîtrisé, le montant de l’enregistrement de l’acte chez le notaire étant fixé à 50 €.

Une telle déjudiciarisation du divorce avait déjà été envisagée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en 2014. Un rapport « sur le juge au XXIe siècle » remis à la garde des sceaux avait alors proposé de confier au seul greffier le divorce par consentement mutuel afin de désengorger les tribunaux.

Mais face au tollé provoqué par cette proposition, le gouvernement avait fait machine arrière. Au sein du monde judiciaire, dans les associations familiales, des voix s’étaient élevées pour souligner la sécurité que représente le passage devant le magistrat, en particulier lorsqu’un membre du couple est en situation de faiblesse.

Plusieurs garde-fous prévus

Chez les politiques, la mesure avait provoqué de fortes critiques dans l’opposition et au sein même de la majorité. Le sénateur socialiste André Vallini avait ainsi qualifié de « dangereux » le divorce sans juge. Afin de désengorger les tribunaux, André Vallini suggérait plutôt de favoriser les procédures de médiation familiale.

Dans le nouveau projet du gouvernement, plusieurs garde-fous ont été prévus : l’intervention des avocats qui contresignent l’acte « atteste de par la loi avoir éclairé pleinement la ou les parties qu’il conseille sur les conséquences juridiques de cet acte. » En outre, l’amendement propose d’offrir à chaque époux un temps de réflexion avant signature et un délai de rétractation avant que la décision ne devienne exécutoire.

Une procédure ouverte aux couples avec enfants

Mais cela ne devrait pas suffire à calmer les critiques. D’autant que l’amendement prévoit d’ouvrir cette procédure au cas de couples avec enfant. Dans ce cas, précise le texte, le mineur doit être « informé par ses parents de son droit à être entendu par le juge ».

Le projet de loi s’inscrit dans la réforme « J21 » pour une justice plus proche, plus efficace et plus protectrice. Il crée le service d’accueil unique des justiciables, qui permet au citoyen d’éviter de se déplacer à plusieurs kilomètres pour accomplir les démarches préparatoires à son audience.

> À relire : La conciliation obligatoire pour les petits litiges

Il valorise le règlement amiable des litiges en rendant obligatoire la tentative de conciliation pour les petits litiges du quotidien avant la saisine du juge ou ouvre la possibilité d’une action de groupe en matière de discrimination. La discussion du texte est programmée en séance du 17 au 24 mai.

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